/>

Intérêt du retour des biens donnés

La clause de retour conventionnel présente un intérêt certain en matière de planification patrimoniale.

Ainsi, en cas de prédécès du donataire et d’application de cette clause, le donateur sera à nouveau libre de conserver les biens donnés pour en disposer comme il l’entend.

Si le donateur n’a pas de projets particuliers à l’égard des biens donnés, leur retour permet d’éviter qu’ils ne tombent entre les mains d’héritiers trop jeunes, tout en leur évitant des droits de succession. De plus, le donateur pourra ensuite mettre en place une nouvelle planification à moindres coûts pour ces héritiers (en comparaison avec les droits de succession), tout en encadrant cette planification de façon à garder le contrôle et la gestion des biens.

Et la fiscalité ?

Si, d’un point de vue civil, prévoir cette clause ne pose que peu de problèmes, la question de son traitement fiscal est plus controversée.

Avant tout, il est important de noter qu’une clause de retour est à analyser comme une condition dite « résolutoire » de la donation. Cela signifie que ses effets surviennent lors la réalisation d’une condition, en l’occurrence le prédécès du donataire.

Avant 2023, le Code Civil prévoyait qu’une condition résolutoire opérait avec effet rétroactif, ce qui impliquait que les biens retournaient dans le patrimoine du donateur comme s’ils n’avaient jamais été donnés et donc jamais transité par le patrimoine donataire. Il en ressort qu’aucuns droits de succession ne sera dû lorsqu’un retour conventionnel joue sur une donation intervenue avant 2023.

Cependant, le nouveau Code Civil prévoit spécifiquement que, depuis le 1er janvier 2023, une condition résolutoire produit ses effets « pour l’avenir ». Dans cette logique, si les biens reviennent au donateur à partir du décès du donataire et « pour l’avenir ». Cela signifie qu’ils sont recueillis dans la succession du donataire et qu’ils doivent donc être imposés aux droits de succession.

Conseil

Mais tout n’est pas perdu pour les clauses de retour conventionnel contenues dans les donations mises en place depuis le 1er janvier 2023.

La solution consiste à prévoir expressément, dans l’acte établissant la donation, que le retour conventionnel sortira bien ses effets de façon rétroactive. Ce faisant, les parties s’assurent qu’aucune taxation aux droits de succession n’aura lieu dans le cadre de son application.

Charles GERARD – Juriste et fiscaliste chez Pareto SA

Article rédigé le 13 mars 2024

Réserve de liquidation et VVPR-bis : la fiscalité des dividendes se durcit

Le 23 février dernier, le gouvernement fédéral a déposé un projet de loi-programme qui marque un durcissement de la fiscalité applicable aux dividendes des PME. Deux régimes fiscaux emblématiques sont directement visés : la réserve de liquidation et le régime VVPR-bis. Dans les deux cas, la réforme conduit à une augmentation de la taxation effective des dividendes, portée à 18 %, contre 15 % auparavant.

Droits de vente à Bruxelles

Droits de vente : le nouveau gouvernement bruxellois échoue à réduire l’écart avec la Wallonie et la Flandre

La formation du nouveau gouvernement bruxellois laissait entrevoir une possible réforme en profondeur des droits de vente, d’autant que la Wallonie et la Flandre ont, ces dernières années, profondément réduit leurs taux pour l’acquisition d’une habitation propre et unique. Il n’en est rien : acheter sa résidence principale à Bruxelles restera fiscalement plus coûteux que dans les deux autres régions.

Optimiser votre épargne en 2026 : les niches fiscales et leurs montants

Le contribuable belge avait déjà été averti dans l’Accord de gouvernement de janvier 2025 : un certain nombre de dépenses et de niches fiscales ne seront plus indexées jusqu’à l’année de revenus 2029 comprise.