Hériter de cryptomonnaies : attention aux pièges !
De plus en plus de Belges investissent dans le bitcoin, l’ether ou d’autres cryptomonnaies. Mais une question peut rapidement se poser : que deviennent ces actifs virtuels au décès de leur détenteur ?

L’importance d’anticiper
En Belgique, les cryptomonnaies font partie du patrimoine du défunt comme n’importe quel autre actif successoral. Elles doivent donc être intégrées dans la succession et leur valeur au jour du décès sert de base pour le calcul des droits de succession dus. Toutefois, contrairement à un compte bancaire classique, un portefeuille de cryptomonnaies repose uniquement sur une clé privée. Sans cet accès, il est tout simplement impossible pour les héritiers de récupérer les fonds investis. Ni un notaire ni un juge ne pourront forcer l’accès à un portefeuille reposant sur la technologie de la blockchain, d’un point de vue technique c’est impossible.
Dès lors, les cas se multiplient où des héritiers soupçonnent l’existence de cryptomonnaies mais ne disposent d’aucun moyen d’y accéder. Parfois, quelques indices ou traces de transactions apparaissent mais sans code, les montants investis restent bloqués à jamais.
Pour éviter ce scénario, il est recommandé de préparer au mieux la transmission de ses cryptomonnaies. Cela peut passer par un inventaire clair des portefeuilles détenus, le recours à un coffre-fort numérique pour conserver les clés, ou encore la désignation d’une personne de confiance via un testament. L’objectif est simple : garantir que les héritiers disposent de toutes les informations nécessaires pour accéder aux fonds lors de la liquidation de la succession du défunt.
Une fiscalité sensible à la volatilité
Une autre problématique rencontrée concerne la déclaration de succession. La valeur d’un portefeuille peut varier fortement entre la date du décès et celle de la déclaration. Cette volatilité complique les calculs et peut générer des désaccords entre héritiers. Les autorités belges travaillent à renforcer la transparence en obligeant progressivement les plateformes d’échange à partager plus d’informations avec l’administration. Cela renforcera le contrôle mais ne résoudra pas le problème fondamental : sans clé privée, un portefeuille numérique reste irrécupérable, quelle que soit sa valeur théorique.
Prévoir pour protéger ses proches
En Belgique, les cryptomonnaies peuvent être transmises du vivant via une donation mobilière. Non enregistrée, celle-ci échappe aux droits de donation mais reste soumise aux droits de succession en cas de décès dans les cinq ans et ce, dans les trois Régions du pays (à Bruxelles, dès le 1er janvier 2026). Enregistrée, elle entraîne un impôt réduit mais sécurise alors définitivement les héritiers.
Hériter de cryptomonnaies n’est donc pas une simple formalité. Les détenteurs doivent dès lors anticiper afin d’éviter que leurs investissements ne disparaissent définitivement avec eux. Une planification successorale adaptée reste aujourd’hui la seule garantie pour transformer un patrimoine virtuel en héritage concret.
N’hésitez pas à prendre contact avec Pareto si vous désirez en savoir plus sur cette question.
Olivier Doms – Juriste et fiscaliste chez Pareto SA
Article rédigé le 1er octobre 2025