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Prenons l’exemple d’un preneur d’assurance qui désigne initialement comme bénéficiaire de sa police assurance-vie sa sœur.  Dans un second temps, ce dernier rédige un testament dans lequel il institue sa partenaire en tant que légataire universel sans pour autant modifier la clause bénéficiaire de l’assurance-vie. Se pose alors la question de savoir à qui la prestation d’assurance reviendra.

Contrairement à un testament, le bénéfice d’un contrat d’assurance-vie échappe civilement parlant à la succession, car le contrat d’assurance-vie est un contrat qui renferme un droit distinct et direct pour le tiers bénéficiaire sur le capital assuré.

Cependant lorsque la clause bénéficiaire prévoit que la prestation d’assurance sera attribuée aux « héritiers légaux » ou à « la succession », la prestation d’assurance retombe dans la succession et le bénéfice du contrat est attribué conformément à la dévolution testamentaire ou à défaut à la dévolution légale.

Que faire quand le testament déroge explicitement à la clause bénéficiaire ?

Il ne fait pas de doutes au sein de la doctrine et de la jurisprudence que lorsque le testament prévoit expressément que la prestation d’assurance sera dévolue au profit d’un tiers bénéficiaire, autre que celui indiqué dans la clause bénéficiaire, l’attribution testamentaire doit être privilégiée.

Que faire quand le testament déroge implicitement à la clause bénéficiaire ?

Comme mentionné ci-avant, il est également possible de prévoir un legs universel dans un testament en faveur d’une personne autre que celle reprise dans la clause bénéficiaire du contrat d’assurance-vie. En l’espèce il ne s’agit donc pas d’une dérogation explicite mais implicite.

Contrairement à l’attribution explicite, dans ce dernier cas les cours et tribunaux ne partagent pas tous la même opinion : alors que certains estiment que le testament puisse révoquer tacitement et implicitement la clause bénéficiaire, d’autres ont jugé – sur la base d’un ensemble de circonstances – que le testament ne pouvait prévaloir sur la clause bénéficiaire.

Conclusion – Assurance vie et testament

Il résulte de ce qui précède que la relation entre l’assurance-vie et le testament est un aspect fondamental et souvent complexe de la planification successorale. Lors de l’établissement d’un testament, il est essentiel de vérifier si une partie du patrimoine n’a pas été investie dans une assurance-vie. En effet, l’assurance-vie, en tant qu’outil stratégique de transmission de patrimoine, peut jouer un rôle crucial dans la répartition des actifs et influencer significativement la structure de la succession. Si des actifs sont investis dans une assurance-vie, il convient alors, en fonction des souhaits du testateur, d’adapter la clause bénéficiaire de l’assurance-vie afin qu’elle soit en harmonie avec les dispositions testamentaires.

Cette coordination entre l’assurance-vie et le testament est indispensable pour garantir que les actifs soient distribués selon les véritables intentions du défunt, tout en optimisant les avantages fiscaux et en minimisant les conflits potentiels au sein de la succession. Une gestion harmonieuse de l’assurance-vie et du testament assure ainsi une transmission du patrimoine conforme aux dernières volontés du testateur.

Nous vous encourageons à prendre contact avec nous pour toute question complémentaire ou pour obtenir des conseils personnalisés dans la gestion de votre assurance-vie et de votre testament, afin de sécuriser au mieux votre planification successorale.

Florian Nelis – juriste fiscaliste au sein de Pareto SA

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